Apéro Coup d’Bol #7 – le 3 juillet 2018
20 juillet 2018

Apéro Coup d’Bol #7 – le 3 juillet 2018

Sujet :

Éviter les emballages jetables, est-ce possible ? 

Intervenant :

Aneta SIDOR, fondatrice d'À la Source, épicerie locavore zéro déchet
Antoine PERRIN, président de Délibio, service de traiteur bio et éco-responsable

Lors de cet Apéro Coup d’Bol #7, nous avons accueilli Aneta SIDOR d’À la Source et Antoine PERRIN de Délibio à Boulang’ & Patiss’. Nos deux intervenants nous ont partagé leurs pratiques quotidiennes qui leur permettent d’éviter l’utilisation d’emballages jetables. Pour eux, l’emballage n’est pas un sous-produit, mais un objet à part entière. Retour sur les échanges de ces derniers témoignages ! 

Le zéro déchet : entre valeurs personnelles et stratégie de différenciation

Éliminer les emballages jetables du quotidien implique une capacité d’adaptation importante. En effet, c’est toute une stratégie et un mode d’organisation qui vont s’installer pour répondre tant aux besoin des clients que de la structure. C’est dans cette optique qu’Aneta a fondé l’épicerie À la source. Pour elle, l’emballage est une matière qui peut être valorisée localement. Sa stratégie vise à s’inscrire dans une logique d’expérimentation et de discussion pour comprendre les problématiques de son environnement. Ainsi, les emballages ou conditionnements d’un fournisseur peuvent servir à un autre. Les emballages à usage unique sont bannis systématiquement, car Aneta fait de la réutilisation une condition sine qua non pour travailler avec un fournisseur. Aujourd’hui, ces pratiques sont devenues normales entre elle et ses fournisseurs, même si elles ont pu en dérouter certains au début.

Aussi, il est également nécessaire de clarifier les objectifs de ce mode opératoire pour sensibiliser les moins avertis. De ce fait, dans son épicerie, on fonctionne de la manière suivante :

  • Les sachets jetables et sacs plastiques sont bannis
  • Le vrac prime car il facilite et limite les emballages
  • Le système de consigne est mis en avant

Par ailleurs, Aneta, s’est engagée dans une démarche d’amélioration continue : elle pèse quotidiennement tous les déchets générées. Cette action a pour but d’établir des bilans annuels et de fixer des objectifs d’amélioration futurs.

Considérer l’objet : un avantage économique

De l’autre côte, nous avons Antoine, qui nous a beaucoup parlé de l’objet en soi. Il souligne notamment un avantage économique entre les emballages jetables et réutilisables. En effet, le coût des bocaux peut sembler important lors de l’acte d’achat (2€) comparé à un emballage jetable (0.30€). Cependant, sur le long terme, ces achats sont amortis car, en les récupérant avec un système de consigne, cela lui reviennent à 0.10€ la pièce.

C’est dans cette optique qu’Antoine accorde beaucoup d’importance à l’objet dans lequel il sert ses délices. Il met en avant le fait qu’un objet réutilisable peut s’approprier et se personnaliser faisant de l’expérience de consommation un moment unique. Ainsi, il a donc appliqué le même raisonnement à ses plateaux repas. Il investit dans de beaux plateaux en bambou qui conservent la chaleur du repas servi.  Alors que le coût unitaire peut paraître exorbitant, cela revient moins cher que les plateaux jetables, sur le long terme.

L’heure de se mettre au zéro déchet ?

Les nombreuses initiatives qui émergent à Lyon et ailleurs autour de cette thématique témoignent de la place croissante que la question des déchets prend dans notre société. Les participants à notre Coup d’Bol #7 en ont témoigné. La réduction des emballages préoccupe et demande de changer ses pratiques au quotidien. Avec des initiatives telles qu’À la Source et Délibio, mais tant d’autres à Lyon, un consommateur qui se sent démuni dans cette question globale, peut redevenir acteur et faire un petit pas, même si très local, vers la réduction des déchets.

Pour en savoir plus sur l’économie circulaire, vous pouvez vous référer à certains membres du Bol sur la page des membres de l’association.

 

Par Le Bol